Les origines du piercing
Avant d’ĂŞtre un phĂ©nomène de mode, le piercing Ă©tait un acte tribal de tout endroit du globe et de toute Ă©poque. Dans de multiples sociĂ©tĂ©s primitives, on a utilisĂ© le piercing, le tatouage et les scarifications, pour des raisons esthĂ©tiques, ou pour des raisons pratiques sous forme de rituels pour affirmer son appartenance Ă un groupe. En Occident, l’art corporel n’est Ă la mode que depuis la fin des annĂ©es 80. D’abord aux Etats-Unis dans le milieu gay, puis en Europe dans les milieux artistiques et de la mode. Le piercing Ă©tait, Ă ce moment, considĂ©rĂ© comme une pratique marginale et sadomasochiste ! Le premier studio de piercing français s’est ouvert Ă Paris en novembre 1994.
· Oreille
Le piercing de l’oreille est issu principalement des cultures tribales et se pratique dans le monde entier depuis les temps les plus anciens. Les tribus s’ornaient les oreilles de métal afin de repousser les esprits démoniaques qui potentiellement pouvaient les posséder. On a retrouvé des momies percées aux oreilles et stretchées de 7 à 11mm environ. A ce jour, la tradition perdure, notamment les jeunes garçons percés par leurs parents. Chacun perce une oreille symbolisant l’indépendance nouvelle du jeune homme.
La Bible évoque également les boucles d’oreille à plusieurs reprises, autant pour les femmes que les hommes.
Dans l’Empire Romain, le port des boucles d’oreille était plutôt réservé aux hommes, ces boucles mettant en avant la masculinité. Cette tradition fut reprise au début du XVIIème siècle en Angleterre.
Les marins portaient un bijou à l’oreille qui selon les légendes améliorait leur vue grâce à un point énergétique méridien. Ce bijou, en or, pouvait servir à payer leurs enterrements catholiques.
En tout temps et en tout point du globe, les piercings signifiaient aussi l’appartenance à un groupe. Le piercing à l’oreille est le piercing le plus répandu de tous.
· Nez
Le piercing du nez, l’un des plus anciens, se retrouve dans tous les peuples. En Inde, le piercing se fait à gauche et est relié par une chainette à l’oreille, symbole de fertilité de la religion hindou, il est exclusivement pratiqué dans les castes supérieures. En Egypte, ce piercing est réservé à la famille royale des pharaons.
Ce sont les Hippies qui ramènent ce piercing d’Inde et l’introduisent en occident. Les punks l’affichent comme symbole de rébellion dans les années 1970.
La perforation du septum est une pratique primitive qui apparait dans les tribus aztèques, mayas et incas. Ce piercing y est très populaire et est agrandi de manière à y insérer des matières naturelles (le bois, l’os, la corne, la pierre…) comme par exemple chez les Papous de Nouvelle Guinée. Les tribus indiennes d’Amérique du Nord s’ornaient d’os humains ennemis afin de paraître féroce. Ce piercing servait également à aplatir le nez, pratique séduisant les femmes.
· Arcade
Le piercing de l’arcade est l’un des plus modernes, il n’a pas d’origine tribale. Il est introduit par le mouvement punk du début des années 1980.
· Lèvres
Issu des tribus eskimos et africaines le piercing autour de la bouche, notamment en dessous de la lèvre inférieure, s’apprête de bijoux taillés dans l’os, puis l’ivoire, le métal ou même dans les cristaux de quartz.
Pour les Aztèques, le piercing à la lèvre se pratiquait seulement dans les castes supérieures, afin d’y placer un bijou en or incrusté de pierres habituellement en forme de serpent.
Le piercing à la lèvre a donc des provenances géographiques très diverses. A son origine, c’est l’un des piercings les plus répandus dans le monde. Dans les tribus sud-américaines et centraméricaines, on opte pour l’agrandissement du piercing de la lèvre afin d’y placer un plateau en bois ou en argile, cette coutume coïnciderait avec l’entrée de l’enfant dans sa vie de jeune femme et serait étroitement liée au mariage, mais seules les tribus elles-mêmes en connaissent la signification exacte. Au Brésil, c’est l’homme qui porte celui-ci, vraisemblablement signe de courage et d’invincibilité.
Le piercing Monroe, également appelé Madonna ou mouche, est d’apparition récente, c’est une variante moderne du piercing labret original.
· Langue
Toujours chez les Aztèques et Mayas, l’élite se perforait la langue, sous forme de rituel, permettant le contact avec les dieux. Les barres étaient en or, et ce bijou accompagnait leurs parures habituelles.
· Téton
L’origine du piercing au téton reste très floue. Plusieurs hypothèses sont émises. En Amérique centrale et du Nord, le piercing au téton marquerait le passage de l’enfant dans la vie adulte. Dans l’empire romain, la signification première serait la marque de courage et de virilité, mais l’utilité de ce piercing serait de crocher la cape à des anneaux apposés aux tétons. Les premières femmes à se faire percer seraient les femmes kabyles en Algérie. En Occident, le piercing serait un objet d’esthétisme mis en valeur par une échancrure profonde du décolleté à la limite de l’exhibition aux environs du XIVème siècle parmi les femmes de la Cour Royale. Dans les années 1970, le piercing du téton est démocratisé dans le milieu gay et s’étend au milieu sadomasochiste.
· Nombril
C’est en Egypte que le piercing au nombril fait son apparition, aux temps où les familles royales marquaient leur appartenance à la caste supérieure avec des bijoux en or massif.
Dans les annĂ©es 1940, on retrouve le piercing au nombril Ă Hawaii. Puis il se dĂ©mocratise en occident, dans le milieu de la mode vers 1993. Jean-Paul Gaultier fut l’un des premiers Ă nous faire dĂ©couvrir le piercing en France au dĂ©but des annĂ©es 1990 lors de dĂ©filĂ©s de mode alors mĂ©diatisĂ©s. Jusqu’Ă ce jour, on n’avait encore jamais vu de piercings prĂ©sentĂ©s au grand public.
· Piercings génitaux
L’origine première de se piercing se trouve dans l’esclavagisme de la Rome Antique, les parties génitales percées permettait le port de bijoux empêchant les rapports sexuels. Pour les femmes, les piercings étaient généralement des anneaux liant les lèvres, et chez l’homme il s’agissait de bijoux de grandes tailles.


